Sélectionner une page

Making of de la figurine Demon Queen

Voici un projet commencé il y a longtemps, au gré de mon temps libre, qui il faut l'avouer, est rare. Je suis tombé amoureux d'une illustration de l'illustrateur Malaisien Nick Gan, qui m'a donné l'accord pour utiliser son travail.

Au final, c'est une figurine de 500mm de haut, sculptée à 100% dans ZBrush dont je vous propose un making of. Voici le résultat avant le travail de peinture. La couleur de la robe ci-dessous est un rapide paint over effectué dans Photoshop.
Retrouvez plus de photos du modèle final et peint à la fin de cet article.

Cette figurine m'a donné pas mal de sueurs froides pour la partie découpe, surtout pour sa très grande robe. Imprimant volontairement à l'échelle 1:5 ème, il fallait bien tout faire rentrer dans la Form2.

Mais avant de partir sur certains détails, voici la vidéo du making-of. Les explications sont disponibles en sous-titre en français :

Illustration originale

Voici l'illustration de Nick Gan. N'hésitez pas à suivre son travail sur ArtStation !

Infos sur le processus de création

Voici un peu plus d'information sur la création de cette figurine, non couvertes ou survolées dans la vidéo.

La sculpture

Comme vous avez pu le voir, la partie sculpture est un grand classique : des bases en ZSpheres, sculptées rapidement et une fois le gros des formes en place, je passe en niveaux de subdivisions. Et je fais cet aller-retour DynaMesh <>Niveaux de Subdivision plusieurs fois. C'est pour moi indispensable de travailler en niveaux de subdivisions car je passe mon temps à changer les proportions et c'est toujours plus efficace de travailler sur peu de polygones que sur un modèle trop dense.

Ci-dessus l'évolution depuis les ZSpheres, qui sont ensuite sculptées en mode DynaMesh pour obtenir les formes principales avant de passer en niveaux de subdivision. Comme vous l'avez constaté dans la vidéo, j'ai travaillé sur le corps et sur la tête séparément, avant de fusionner le tout. Cette fusion se fait via un DynaMesh, que je retopologise ensuite via ZRemesher pour enfin reprojeter sur le modèle les détails de la tête et du corps.

Concernant la création de la robe ci-dessus, j'ai voulu passer par la brosse Topology pour finalement me rabattre sur la retopolgie via ZSpheres. C'est certes une vieille technique, mais elle a l'avantage d'apporter un contrôle total sur la topologie et sa manipulation. La brosse Topology est très bien pour quelque chose de rapide, mais elle ne permet pas de modifier le placement d'un point lorsque l'on est dans la phase de création des courbes. Une fois la robe créée, j'ai fait quelques retouches de topologie avec le ZModeler.

La partie création des détails est on ne peut plus classique, avec principalement l'usage des brosses DamStandard, TSuperSpline (brosse proche de la DamStandard), certaines brosses de Orb et Sakaki Kaoru. J'ai contrasté pas mal de parties pour compenser ce qui sera "mangé" par l'imprimante et la peinture, toutefois il y a encore des zones qui manquent de contraste. Il est évident qu'un modèle pour l'impression 3D n'est pas un modèle pour l'illustration.

 

Préparation pour l'impression 3D

Ce passage, très technique est toutefois indispensable. Ce n'est pas quelque chose qui me déplaît, mais cela reste pour moi une partie stressante : "Est+ce que l'assemblage se passera bien ?". Car c'est qu'une fois imprimé que l'on sait si tout s'est justement bien passé. Et au vu du temps d'impression et du coût associé, il y a toujours des inquiétudes, malgré l'expérience. J'aime aussi imprimer en FDM des "brouillons", mais cela ne marche bien pour visualiser une forme globale. Cette technique d'impression manque de précision pour vraiment valider un assemblage entre deux parties.

Voici ci-dessus des plans de découpe. J'ai essayé d'anticiper au plus tôt où seraient placées mes découpes et le design du modèle ne s'y prêtait pas trop mal, bien que le buste en lui-même était assez difficile à découper en limitant les plans de découpe vu que la dame est relativement dénudée. J'évite au maximum sur les parties très visible d'un modèle. Quel que soit les compétences en rebouchage au mastique et ponçage, cela rajoute de la complexité et des inconnues.

Les opérations booléennes de ZBrush et le mode Live booléen sont un vrai bonheur pour ce genre de travail car je peux en temps réel voir les découpes, changer les épaisseurs et appliquer mes retouches.

Sur la capture ci-dessus, vous pouvez constater deux choses : le modèle interne qui sera soustrait par opération booléennes pour créer l'épaisseur du modèle et les cylindres d'ouvertures. L'épaisseur est indispensable pour faire des économies de résine, surtout au vu de la taille de la figurine... Je précise que l'épaisseur est de 2 à 3 mm minimum. L'imprimante permet d'avoir des épaisseurs plus fines, mais je préfère fiabiliser l'impression que d'économiser quelques millilitres.

Les cylindres permettent d'ajouter des ouvertures laissant la résine s'écouler librement au sein du modèle et ainsi éviter de créer des cloches qui, au moment de l'impression, peuvent créer un effet de succion. Cet effet est à éviter au maximum car il peut provoquer des échecs d'impression (bulles, modèles qui tombent, etc...)

La robe m'a donné du fil à retordre car elle dépasse de loin en hauteur (38 cm) la taille maximum d'impression... sans mentionner la largeur (29cm). Ici aussi, j'ai fait appel à des plans de découpe et pas de miracle, mastique et ponçage pour assembler le tout...

Notez sur la partie droite de l'image, les petits trous bleus. Toutes les zones découpées ont des petits ergots pour faciliter l'assemblage et c'est aussi une raison pour laquelle la robe est assez épaisse.

On retrouve pour les cornes le même processus avec des plans de découpe et des cylindres pour créer des ouvertures. J'aurai peut-être pu effectuer quelques découpes en moins, mais l'avantage d'avoir plus de parties est de contrôler le placement des supports dans les zones facilement ponçables.

Voici le modèle final avec toutes ses parties découpées. Au total, il n'y a pas tant de parties à imprimer (24) par rapport à d'autres de mes figurines. Une fois l'impression effectuée, je me suis rendu compte que la base était totalement inutile, la robe soutenant sans problème toute la figurine.

 

Impression 3D

C'est le processus qui est long. J'ai imprimé l'intégralité des parties sur la Form2 de Formlabs. Je continue à toujours autant apprécier cette imprimante avec laquelle je n'ai eu encore aucun échec depuis que mon collègue et moi même l'avons acheté.

En termes de statistique, cette Demon Queen, c'est :

  • 0.76L de résine Gray V4
  • 5 jours, 18 heures et 41 min d'impression.
  • Un total de 27 256 couches imprimées en 25 ou 50 microns.
  • 7L d'alcool IPA
  • Un Bac de résine LT (qui est encore bon)
  • Un rouleau d'essuie tout, pas mal de gants jetables.

Ci-dessus, l'ensemble des différentes impressions, dans PreForm. Vous constaterez que j'ai tendance à bien remplir mes bacs donc certains à la limite (les parties de la jupe).

Voici par exemple le placement des supports, le plus possible dans les zones de découpe. Ce placement est important car poncer dans ces parties n'affectera pas les détails du modèle.

Il est toutefois impossible d'éviter les supports sur les zones visibles sur les gros modèles, comme la partie principale du corps. Toutefois c'est sur l'arrière du modèle, donc moins visible au premier coup d’œil. Note que ce modèle rentre de façon limite dans l'imprimante. Le cadre bleu étant le modèle et le cadre gris, la limite de l'imprimante...

Le post-process

C'est la partie manuelle que j'apprécie beaucoup, malgré mon manque de compétences. On passe enfin du numérique au monde réel, quelque chose que l'on a entre les mains, que l'on voit en vraie 3D.

Les modèles en sortie d'imprimante sont vraiment très propres avec dans la majorité des cas, des couches invisibles, ce qui est appréciable pour le futur travail de ponçage.

La phase de stress / déstressage : une fois les supports enlevés, vérifier l'assemblage des pièces. Et respirer un bon coup quand tout s’emboîte bien... La canette de Coca est ici pour avoir une référence concernant la taille de la dame.

L'imprimante derrière est en pleine impression des cornes.

Comme vous pouvez le constater, cette partie du travail manuel (et non numérique) n'est pas des plus propre, avec du mastique, des outils (japonais), des restes de support. Bref, c'est le bazar.

Voici les cornes collées, avec du mastique liquide appliqué dessus, au niveau des jonctions des parties. Il y a ici pas mal de phases de masticage, de ponçage et retour à la case départ pour affiner le résultat.

Je vous invite à regarder le dessus du pied, au niveau de la cheville sur le modèle gauche de la photo : c'est un enduit de masquage, plutôt caoutchouteux. Cela permet de protéger ce qui se trouve en dessous de la peinture et améliorera ensuite le collage des parties.

Quelques photos

Voici quelques photos supplémentaires de l'impression terminée. Si c'était à refaire... et bien je le referais !


Mon fond d'écran actuel :

J'ai aussi eu la chance d'exposer ma figurine lors de l'exposition Art of ZBrush IV à la galerie Gnomon de Los Angeles :

6 Commentaires

  1. Guillaume

    je veux le fichier

  2. Sophie Houzelot

    Bonjour,

    Magnifique réalisation ! Je vois que tu utilises une imprimante SLA résine liquide polymérisée. Juste une question : Quel mastic utilises-tu pour le post traitement ?
    Merci et encore bravo !!!
    Sophie

  3. Thomas

    @Guillaume : désolé, le fichier n’est pas disponible 🙂
    @Sophie : j’utilise du Mr Surfacer. Il y a des liens sur ma page materiel pour l’acheter en France : https://polysculpt.com/materiel/

  4. Guillaume

    Je suis triste 🙁 elle est tellement belle

  5. Netseawolf

    Bonjour.

    Je suis concepteur artiste 3D. et je passe à la version imprimable de mes créations.

    Vous este l’un rare tuto montrant la préparation des figurines.
    Mais une grande question ce pose: Pourquoi imprimer de travers ? comme ici polysculpt.com/wp-content/uploads/2018/08/polysculpt.com_demon_queen_preform_supports.jpg
    pourquoi ne pas imprimer verticalement ou Horizontalement ?
    Merci de votre réponse.
    Bien cordialement Net Seawolf

  6. Yann Taniou

    Super classe. Découpe super intéressante. J’aime beaucoup tes vidéo qui sont instructives et qui servent de piqûres de rappel sur certaines techniques…
    Ça fait presque plus d’un an que je n’ai rien sculpt (depuis la version 2018…apres la mise à jour, pouf, j’ai posé le stylé… Ma Form2 prend la poussière…
    Motivation ! Tu me donne envie de m’y remettre 🙂

Poster le commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

En visitant Polysculpt, vous acceptez l'utilisation des cookies. En savoir plus

Les cookies utilisés par Polysculpt sont utilisés uniquement pour faciliter votre navigation ou votre experience utilisateur. Aucun usage commercial ou de suivi n'est effectué.
Si vous ne souhaitez pas utiliser les cookies de Polysculpt, merci de quitter le site, car ceux-ci sont indispensables à la navigation au sein de celui-ci.

Et son administrateur, croyez-le, n'aime les utilisations commerciales des cookies !

Fermer