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Test de l'imprimante 3D SLA : La Slash PLUS d'Uniz

Le marché de l'impression 3D SLA (résine) avance tout aussi vite que l'impression 3D FDM (filament) et depuis peu, de nombreux acteurs ont émergé, autant dans le low-cost que pour le marché semi professionnel ou professionnel. Uniz fait partie de ces sociétés proposant des imprimantes à base de résine et destine ses produits aux personnes à la recherche de rapidité et de gros volume, ce qui est encore une rareté dans le monde des constructeurs d'imprimantes 3D.

Je vous propose de découvrir leur imprimante SLA Slash PLUS au sein d'un test vidéo. C'est en fait la deuxième génération d'imprimante de la marque que j'utilise, ayant eu accès à la Slash + avant (notez la différence entre "PLUS" et "+" ) et j'y ai passé beaucoup de temps car ce fût ma première imprimante utilisant la technologie MSLA (Masked SLA ou SLA LCD) et l'approche est différente d'une imprimante SLA à base de laser.

Ce test est fait en partenariat avec 3D-Expert, le revendeur de la machine.

La gamme Uniz chez 3D Expert

Retrouvez la gamme d'Uniz chez 3D-Expert, qui m'a beaucoup soutenu et apporté des informations précieuses durant ce test. C'est aussi la raison pour laquelle je pousse les utilisateurs à s'orienter vers les revendeurs dès que possible, pour le rapport humain que l'on peut avoir, contrairement aux plateformes de e-commerce.

N'hésitez pas à les contacter !

Article/contenu sponsorisé ? Non, ce test n'est pas rémunéré par 3D Expert et le contenu de la vidéo ainsi que celui de l'article associé correspond à mon avis personnel. 3D Expert n'a influencé en rien le test de cette machine.

Le test vidéo

Spécifications techniques

La Slash PLUS propose avant tout un très confortable volume d'impression pour une imprimante SLA, avec 192 x 122 x 200 mm. Elle existe en version pro avec cette fois-ci, une hauteur de 400 mm (!)

Au niveau de la source lumineuse, un réseau de multiples LED UV situées sous l'écran délivrent jusqu'à 300 Watts de puissance. Cette puissance peut être modulée au sein du logiciel, permettant d'avoir un contrôle plus fin en fonction des résines utilisées.

D'un point de vu résolution, elle dispose d'un écran 2K avec des pixels de 75 microns, donc pour la résolution horizontale (XY). On peut trouver plus fin, mais pas à ce volume. Concernant la résolution verticale, elle s'échelonne entre 10 microns et 300 microns. Toutefois, on reste en général entre une résolution entre 50 et 100 microns qui suffisent pour la majorité des besoins.

La connectivité est assez classique pour ce type de machine, avec une connexion ethernet, USB et Wifi, ce qui permet d'avoir une imprimante disposée dans une pièce différente. Il est aussi important de noter que la machine devient autonome une fois le fichier envoyé dans l'imprimante, l'ordinateur peut être éteint / déconnecté. Sachez toutefois que dans ce cas, vous n'aurez pas accès à certains contrôles (mise en pause, etc).

D'un point de vu interface sur la machine, un seul bouton tactile entouré de LED indicatrice est présent sur le panneau central. Ce bouton permet de lancer l'impression une fois chargé et les LED affiche certains statuts comme le chargement du fichier, la progression de l'impression, etc.

Elle propose aussi un système de remplissage automatique du bac, mais comme vous pouvez le voir dans la vidéo, je ne suis pas satisfait du système et je déconseille son utilisation.

Enfin, la machine utilise des bouteilles propriétaires pour la résine, compatible avec le système de remplissage automatique, mais il est tout à fait possible d'utiliser des résines de nombreuses marques et non que celles d'Uniz. Contrairement à certaines machines concurrentes, aucune fonction n'est bridée avec la résine tiers, bien que certaines pièces perdent leur garantie lorsqu'elles sont utilisée, comme le système de pompe de la résine.

 

A l'usage

Avant toute chose, c'est une imprimante que j'ai pu utiliser dès sa première génération et j'ai été tout de suite impressionné par sa vitesse. Toutefois la première génération avait un cruel défaut : le système de refroidissement laissait des lignes disgracieuses sur le modèle, bien trop visibles pour un usage artistique. Avec la seconde génération, ce principal défaut a été supprimé, sans compter d'autres améliorations non négligeables apportées à la machine, comme son système de dépression pour le film du bac, améliorant encore plus le processus d'impression.

Donc il était alors temps de se replonger dans cette machine car comme tout le monde, je suis à la recherche de performance et de gain de temps, ce qu'apporte réellement cette Slash PLUS, associée à son très grand volume vertical. Cela permet de faire des impressions sans se limiter. J'ai imprimé de très nombreux objets temporaires comme prototypes et c'est un grand plus pour les créatifs comme moi et je suppose encore plus pour des designers ou même des dentistes.

Grâce à cela, on ne se pose pas (trop) de question à devoir imprimer ou non, on imprime tout simplement et on valide, on itère ou on change avant de passer aux phases suivantes de création/conception.

Comme vous pouvez le voir ci-dessous, un tel modèle ne pose aucun souci, avec son volume maximum, des couches à 50 microns et seulement 9h45 d'impression. Impressionnant !

Alors bien sur, j'ai eu des échecs d'impression, surtout au début, par mon manque d'expérience en impression SLA LCD (et non SLA Laser) et il a fallu trouver les bonnes valeurs d'exposition pour la résine, les bonnes tailles de support, mais bien qu'une fois ou deux j'ai eu des soucis à cause du logiciel, la majorité des erreurs furent humaines et non la machine. Exemple, mal anticiper la quantité de résine dans le bac...

En fait, le gros de mes souci étaient souvent liés au logiciel qui clairement, manque de maturité et finition, malgré de gros efforts apportés ces derniers mois par l'équipe d'Uniz. Un exemple, très problématique pour les artistes qui évident souvent les modèles comme moi : impossible de mettre/éditer les supports dans un modèle, ce qui peut être -très- problématique. J'ai déjà raté des impressions à cause de ce souci. La solution fût assez simple : passer par un autre logiciel, en l'occurrence D8Workshop pour faire la préparation du modèle, les supports, que j'ai ensuite exporté en STL pour charger le tout dans le logiciel UNIZ et ensuite lancer l'impression. Cela marche très bien, c'est simple et au final, plus rapide avec moins de surprises ! Une alternative plus intéressante se profile avec Lychee, qui en fait utilise le même noyau que D8Workshop.

Ce qui m'a aussi posé souci est un petit manque : un kit de nettoyage, même simple. De telles impressions prennent de la place et trouver des bacs assez grand pour immerger dans de l'alcool IPA ou du ResinAway pour nettoyer les pièces est vite compliqué. Je me débrouille avec ce que j'ai, comme on peut le voir dans la vidéo, mais au final on en met vite partout, surtout lorsque l'on a pas un atelier dédié à la machine.

C'est donc une machine assez agréable à l'usage, bien qu'il soit nécessaire d'effectuer quelques petits contournements de la solution officielle, en particulier sur le logiciel, mais au final, c'est même un avantage, tout comme se passer du système de pompe à résine, ce qui réduit le risque de pollution de résine avec de l'IPA.

Exemple de cas, Yoda

Il y a quelques mois, j'ai eu quelques échanges avec Yann Berthonneau à propos de son modèle de Yoda et je lui ai proposé de l'imprimer dans le cadre du test de la Slash. C'était un modèle intéressant, déjà parce que je suis fan de Star Wars, mais surtout parce que ce modèle avait un niveau de détail hors norme.

La première partie du travail a été de préparer le modèle et de le découper pour avoir une impression de taille respectable, avec ses 30 cms de haut, mais aussi optimiser certaines parties à cause des détails et limiter le besoin de supports. La taille finale a été définie pour la taille maximum de la tête qui pouvait rentrer dans le volume d'impression de l'imprimante, je ne souhaitais pas y apporter de découpes, de façon à garder l'intégralité des détails présent.

Voici deux gros plans ci-dessous (cliquez pour voir en plus grand) montrant les détails. Comme vous pouvez le constater, la Slash PLUS ne déçoit pas avec une reproduction fidèle des petites rides ainsi que les motifs du tissus.

Exemple de cas, la Sirène Femen

Voici un exemple de projet où la Slash PLUS excelle : imprimer du très grand en peu de temps. Pour ce projet de Sirène Femen, qui est en fait une réalisation de Museo3D, pour un cabinet de curiosité pour le Musée Maritime de la Rochelle sous la direction de l’association Pilitak, j'ai du préparer et imprimer ce modèle dans un temps record. Je n'y serais pas arrivé avec une autre imprimante SLA, y compris en considérant une impression ratée.

Comme vous pouvez le constater, le modèle est grand en comparaison d'une canette de soda, avec ses presque 46 cm de haut. Le modèle 3D a dû être découpé en 10 pièces et certaines, comme la section comportant les cuisses ne rentraient pas dans l'imprimante sans changer l'orientation, la pièce faisant plus de 20 cm de haut comme vous pouvez le voir ci-dessous. Notez la marge de manoeuvre très limitée entre la boîte englobante de l'objet en bleu et le volume de l'imprimante en gris.

Au final, le projet à nécessité 37h27 d'impression, pour 686 mL de résine et un total de 14428 couches, la majorité étant en 50 microns. Le tout a été séparé en seulement 4 impressions (Cuisses, tête-bras-dents, buste, Tibias-nagoire).

Il faut bien sûr ajouter le temps de préparation du modèle 3D et ses découpes, évidages et optimisations, plus ensuite le temps de nettoyage des impressions et de relancer les impressions, mais on est dans un temps vraiment contenu.

Conclusion

Bien que la première version de l'imprimante m'ait refroidi avez ses nombreux problèmes, cette nouvelle itération efface la majorité des soucis que j'ai eu. Je peux enfin profiter pleinement de la rapidité de la machine et de son volume. Je fais partit des gens qui ont besoin d'imprimer en grand et qui souhaite toujours imprimer en plus grand et pour moi, sortir en une nuit (moins de 10h) un modèle de 19-20cm de haut en 50 microns, c'est un plus indéniable. En plus, les consommables officiels sont abordables et les non officielles peuvent l'être encore plus, donc le coût de revient des impressions, une fois la machine abordable est assez faible.

Comme vous l'avez vu, la machine n'est pas sans petits défauts, le seul dérangeant pour moi est son bruit, mais c'est un problème lié à mon environnement de travail. Si vous avez l'imprimante dans un atelier dédié, cela ne vous posera pas de souci. Ensuite, la partie logicielle m'a entraîné des erreurs d'impressions, mais j'ai corrigé le problème en utilisant un autre logiciel, donc bien que cela soit un problème, c'est très facilement contournable, comme son système de remplissage.

Enfin, la technologie SLA LCD à aussi son petit lot de défauts, mais c'est spécifique à la technologie et non à la machine, qui implique ces effet d'aliasing/crénelage sur les surfaces dans certaines conditions et le besoin d'utiliser des supports aux pointes plus épaisses ou alors de sur exposer pour utiliser des pointes plus fines. 

Donc si vous êtes à la recherche de vitesse et de grand volume avec la qualité SLA, la Slash PLUS, voir PRO répondra sûrement à vos besoins !

Les Plus

  • Très grand volume d'impression, surtout vertical. C'est assez rare pour ce type de machine. Existe en version Pro pour encore plus de hauteure verticale.
  • Très rapide, très très rapide, ce qui permet d'avoir des impressions en une demi journée, voir des grandes pièces en une seule nuit.
  • Permet d'envisager des petites séries de pièces en production.
  • Consommables officiels à un tarif abordable.
  • Modèle assez compact, donc permet d'être utilisée dans un espace réduit.
  • Logiciel assez complet, mis à jour assez régulièrement mais... (voir les points négatifs).
  • Il est possible de charger des très gros STL dans le logiciel et l'imprimante (1Go+)

Les Moins

  • Imprimante bruyante si vous devez l'utiliser dans une pièce où vous travaillez. Ce n'est pas vraiment un problème pour tout le monde est c'est le compromis pour avoir de la vitesse.
  • Le logiciel, bien qu'il remplit la majorité des fonctions principales, nécessite des améliorations et doit gagner en stabilité. Des alternatives existent.
  • Le système de remplissage automatique n'est pas très pratique et devient compliqué à utiliser si vous devez travailler avec différentes résines.
  • L'application pour téléphone portable qui est la seule à avoir accès à la caméra.

La galerie

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